De Gaulle au paradis, quel beau texte !

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De Gaulle au paradis, quel beau texte !

Message  fredy le Sam 2 Mai 2015 - 11:14

 
 
 
 
 
[size=16][size=13]De Gaulle parle avec Yvonne  au paradis, quel beau texte, et dans un français digne de ce nom !!


> >>> De Gaulle au paradis, quel beau texte !
> >>> Le texte ci-dessous est une pure merveille, régalez-vous en lisant ces
> >>> vers, prenez le temps de savourer ce texte (dont j'ignore le nom de
> >>> l'auteur),
> >>> laissez votre imagination vagabonder en revoyant LE GRAND CHARLES devant
> >>> TANTE YVONNE.

Bonne lecture !

La  colère du grand Charles

La scène se passe au paradis :

> >>> Sur un petit nuage Yvonne tricote, assise sur un pliant.
> >>> Elle voit arriver le général, titubant, la mine défaite, prêt à défaillir.
> >>> Après quelques pas, il s¹effondre à ses côtés dans un fauteuil (ou un
> >>> transat)

Yvonne :
> >>> Depuis que de Saint Pierre vous eûtes permission
> >>> De retourner sur Terre ausculter la Nation
> >>> Sur ce petit pliant j¹attends votre venue...
> >>> Mais je lis dans vos yeux une déconvenue !


> >>> Parlez-moi sans tarder de celle qui toujours
> >>> Fut jadis avec moi l¹objet de vos amours...

Le général :
> >>> Vous voulez dire France à qui j¹ai voué ma vie,
> >>> Ne cachons point son nom ! Je vous sais gré, Mamie
> >>> (Malgré les embarras, les peines, les tracas
> >>> Qu¹elle a pu vous donner et dont je fais grand cas !)
> >>> Pendant aussi longtemps de l¹avoir tolérée.

Yvonne :
> >>> Eh bien ?

Le général :
> >>> Eh bien Madame, elle est défigurée !

Yvonne :
> >>> Charles, je compatis, c¹est une peine extrême
> >>> De voir les traits meurtris d¹une femme qu¹on aime
> >>> Elle a vieilli sans doute...

le général :

> >>> Oh, ce n¹est pas cela !
> >>> Il m¹en faudrait bien plus pour être en cet état.
> >>> Je ne m¹attendais pas à la revoir pucelle !...
> >>> Mais on peut décliner sans cesser d¹être belle !
> >>> Si le corps en hiver n¹est plus à son printemps
> >>> L¹âme de l¹être aimé sait résister au temps !

Yvonne :
> >>> C¹est donc son âme ?

Le général :
> >>> Hélas ! Si je n¹étais au ciel
> >>> Près de vous, à l¹abri des chocs existentiels
> >>> Ce que j¹ai vu m¹aurait donné le coup de grâce !

> >>> Yvonne :
> >>> Mais qu¹avez-vous donc vu ? Vos silences me glacent !

> >>> Le général :
> >>> France, mère des Arts, des Armes et des Lois...
> >>> Ô Dieu, l¹étrange peine ! Et quel affreux émoi !
> >>> Quelle désillusion, quelle désespérance,
> >>> De revoir sa maîtresse en telle déshérence !

> >>> Yvonne :
> >>> Mais encore, précisez je reste sur ma faim !
> >>> Vous me turlupinez ! Qu¹avez-vous vu enfin ?
> >>> Le général :
> >>> J¹ai vu, j¹ai vu, Oh ciel ! J¹ai vu... Comment vous dire...
> >>> Comment bien s¹exprimer quand on a vu le pire ?
> >>> J¹ai vu le Titanic s¹abîmer dans les flots
> >>> Et son grand timonier repeindre les hublots !

> >>> J¹ai vu un président, la cravate en goguette,
> >>> L¹air niais, regard flou et la mine défaite,
> >>> Un casque sur le chef, juché sur un scooter !
> >>> (On avait dû lui dire : il faut sortir couvert !)

> >>> Vous voyez le tableau ! Oh, madame, j¹ai honte
> >>> De certifier pour vrai tout ce que je raconte !
> >>> C¹est la chienlit, vous dis-je et pas qu¹en les faubourgs !
> >>> Comme ce fut le cas quand nous jouissions du jour

> >>> Mais dans le Saint des Saints, au c¦ur de l¹État même
> >>> Où tout devrait baigner dans un accord extrême.
> >>> J¹ai vu des gouvernants qui ne gouvernent rienŠ
> >>> Et un peuple hébété les traiter de vauriens !

> >>> J¹ai vu des ministrons se tirer dans les pattes
> >>> Plus diviser entre eux que ne sont les Carpates !
> >>> J¹ai vu, comme jadis, tous ces «politichiens»
> >>> Se disputer leur os, hargneux comme des chiens.

> >>> J¹ai vu dans la maison où j¹ai régné dix ans
> >>> Un orchestre amateur gratter ses instruments
> >>> Dans la cacophonie ! Et dans ce grand bazar
> >>> Le moindre palotin se prendre pour César :

> >>> L¹un fraîchement nommé, jouant les petits saints,
> >>> S¹exonérer d¹impôts et trouver ça très bien !
> >>> L¹autre, obscur conseiller, quérir à son de trompe
> >>> Un larbin stipendié pour lui cirer les pompes !

> >>> Geste surréaliste au temps qui fut le mien !
> >>> Mais j¹allais oublier, et là, tenez-vous bien !
> >>> Pour couronner le tout, j¹ai vu, (serrez les cuisses !)
> >>> Le gardien du budget planquer son fric en Suisse !

Yvonne :
> >>> N¹êtes-vous point sévère avec ces jeunes gens
> >>> Tout fiers d¹avoir acquis un certain entregent ?
> >>> Ces nouveaux Rastignac jadis vous faisaient rire
> >>> Et ne vous mettaient pas dans une telle ire !

> >>> Nous connûmes souvent et du temps de nos rois
> >>> Nombre de grands coquins qui s¹exemptaient des lois
> >>> Et même pour certains sombraient dans la débauche !

Le général :
> >>> Mais aucun de ceux-là ne se disait de gauche !

> >>> Alors que ces pignoufs, sinistres polissons,
> >>> Se pavanent le jour en donnant des leçons !
> >>> Je me suis renseigné sur l¹histoire récente
> >>> Pour comprendre un peu mieux ces façons indécentes,

> >>> Et qu¹ai-je appris Grand Dieu ?... Mille calamités
> >>> Sur un gouvernement qui semble tout rater !
> >>> Depuis plus de deux ans, on s¹agite, on spécule !
> >>> Ce qu¹on avance un jour, ensuite on le recule,

> >>> Dans un rythme effréné qui donne le tournis
> >>> Ça n¹est plus du tango, c¹est danse de Saint Guy !
> >>> Le peuple abasourdi par ces folles pratiques
> >>> Ne voit pour l¹avenir que funestes musiques !

> >>> Il s¹agite à son tour, ployant sous les impôts,
> >>> Résiste à tout diktat, discute à tout propos,
> >>> Tire à hue et à dia et renverse la table !

Yvonne :
> >>> Un peuple ingouverné devient ingouvernable !

Le général :
> >>> Je confirme et j¹illustre, écoutez bien ceci,
> >>> C¹est un tableau d¹en bas que je vous fais ici :
> >>> A-t ¹on pris décision dans les formes légales
> >>> Que l¹on voit illico se former des cabales !

> >>> L¹un met un bonnet rouge et l¹autre un bonnet vert
> >>> En prétendant agir au nom de l¹Univers !
> >>> Quelques illuminés ou quelques fous furieux
> >>> Hurlent en vomissant des slogans injurieux,

> >>> Pillent les magasins, éructent, gesticulent,
> >>> Cassent trois abribus !... Et le pouvoir recule !!!

Yvonne :
> >>> Mais que fait la Police et que font les Gendarmes ?

Le général :
> >>> Le moins possible hélas ! Ils ont du vague à l¹arme !

> >>> Car si par aventure on coffre un malfaisant
> >>> C¹est la Garde des Sceaux qui porte les croissants !
> >>> Les socialos naïfs rêvent dans les nuages,
> >>> Se bercent d¹illusions dans leurs lits d¹enfants sages !

> >>> Confrontés au réel, ancrés dans le déni,
> >>> Ils sont tout étonnés quand ils tombent du nid !
> >>> Les jeunes snobinards, que bobos on appelle,
> >>> Vitupèrent la droite en faisant bien pis qu¹elle !

> >>> Les tribuns de la plèbe agitent leurs grelots :
> >>> L¹un veut saigner Neuilly pour nourrir le prolo,
> >>> L¹autre clame à grands cris qu¹il faudrait tout secouer
> >>> En virant les négros, les bicots, les niaquoués !

> >>> Et les deux réunis proposent des programmes
> >>> Qui traduisent à plat leur encéphalogramme.

Yvonne :
> >>> Mais où sont les anciens ? Gaullistes et Cocos !
> >>> Qui, eux, savaient pousser de grands cocoricos !

Le général :

> >>> Leur QG moscovite ayant pété les câbles,
> >>> Les Cocos d¹autrefois sont quasi introuvables !

Yvonne :
> >>> Bonne nouvelle, au gué ! Tout espoir n¹est pas mort !
> >>> Souvenez-vous du temps où ils étaient si forts !
> >>> Plus de Rouges enfin, en travers de la route !
> >>> Mais la race est teigneuse... il en reste, sans doute ?

Le général :
> >>> Oui, vous avez raison, ce sont de grands pervers...
> >>> Les derniers survivants se font repeindre en vert !

> >>> Quant à nos vieux amis gaullistes de baptême,
> >>> On fleurit leur logis, avec des chrysanthèmes...
> >>> C¹est leurs petits-neveux qui piaillent à présent,
> >>> Et se bouffent le nez pour occuper leur temps !

> >>> L¹un d¹eux, le plus remuant, habile en artifices
> >>> Se débat aujourd¹hui dans les Cours de Justice.
> >>> Je crains pour mon malheur, avoir oeuvré en vain,
> >>> Mon costume est trop grand pour habiller ces nains !

Yvonne :
> >>> Oubliez tout ceci, laissons la politique
> >>> Qui vous fait enrager et tourner en bourrique.
> >>> Parlons d¹autres sujets plus gais et plus légers,
> >>> Des lieux que j¹ai connus... Paris a-t¹il changé ?

Le général : (redevenant plus calme)

> >>> Heureusement, pas trop. On reconnait la ville,
> >>> J¹ai pu me promener jusqu¹à St Louis en l¹île.
> >>> Pompidou, un peu snob, pour marquer son séjour,
> >>> Fit une usine à gaz au quartier de Beaubourg.

> >>> Giscard n¹a rien cassé c¹est déjà quelque chose !
> >>> Mitterrand l¹a suivi tenant au poing sa rose !
> >>> Mais lui, plus mégalo, se croyant pharaon
> >>> S¹est plu à imiter le roi Toutankhamon.

> >>> Il sema pyramide aux parterres du Louvre,
> >>> C¹est l¹Égypte à présent qu¹en ces lieux on découvre !
> >>> Chirac, plus primitif, a voulu, quai Branly,
> >>> Honorer les Dogons, les Peuls, les Chamboulis

> >>> À leur art, dit premier, il a su rendre hommage,
> >>> Le monument s¹efface au milieu des feuillages...
> >>> Je n¹ai pas retrouvé les halles de Baltard
> >>> À leur place un chantier avait pris du retard.

> >>> Et quant à l¹Élysée où vous fûtes naguère,
> >>> Ce n¹est plus un palais c¹est une garçonnière !
> >>> J¹ai même cru comprendre, en lisant leurs canards,
> >>> Que peu s¹en est fallu qu¹il fût un lupanar !

Yvonne :
> >>> Un lupanar ! Grands Dieux, comment est-ce possible ?
> >>> Vous me faites plonger dans un monde indicible,
> >>> Je ne puis y songer sans trembler de dégoût,
> >>> Notre chambre à coucher annexe au «one two two !»

Le général : (qui s¹échauffera progressivement)

> >>> Oui, les murs d¹aujourd¹hui connaissent quelque audace,
> >>> La contrainte est bannie et la honte fugace !
> >>> Ce qu¹on cachait jadis, on l¹étale à présent,
> >>> L¹inverti manifeste, et la lesbienne autant !

> >>> On divorce partout : mariage... anachronique !
> >>> Sauf pour certains homos qui, eux, le revendiquent !
> >>> La déviance est très mode et ne fait plus horreur,
> >>> On l¹exhibe à tout vent, mieux que Légion d¹Honneur :


> >>> Le travelo s¹affiche, et le camé ne cesse
> >>> De réclamer sa dose au frais de la princesse !
> >>> Le moindre hurluberlu fait son intéressant,
> >>> Quitte à montrer son cul au regard des passants !...

> >>> À quand le zoophile, à quand le coprophage ?

Yvonne :
> >>> Du calme, mon ami, modérez cet orage !

Le général :
> >>> Mais, mon coeur, laissez-moi m¹expliquer plus avant,
> >>> Et vous aurez la clé de cet emportement.
> >>> Si vous aviez pu voir, même de votre rive,
> >>> Ce qu¹il m¹est advenu juste avant que j¹arrive,

> >>> Vous auriez, c¹est bien sûr, eut le souffle coupé !
> >>> Je reprends mon discours, où je l¹avais laissé :
> >>> Ayant à satiété subi les psychodrames
> >>> Des gauchos, des fachos et de tous ceux qui brament,

> >>> Avant de repartir, j¹ai voulu, bon époux,
> >>> Me rendre chez Chaumet vous choisir un bijou
> >>> Sur la place Vendôme. Au pied de la colonne,
> >>> Que vis-je alors, Madame ? En cent, je vous le donne !


> >>> Le sommet, m¹a-t-on dit, de l¹art contemporain :
> >>> Un enculoir géant en guise de sapin !
> >>> Il m¹a fallu trouver le salut dans la fuite
> >>> Pour ne pas m¹exposer au viol d¹un sodomite !


> >>> Afin qu¹il me remonte aussitôt chez les miens,
> >>> J¹ai convoqué presto mon bon ange gardien !
> >>> Et c¹est ainsi tremblant, et d¹horreur et de rage,
> >>> Que vous me revoyez en ces nobles parages.

Yvonne :
> >>> Calmez-vous ! Les Français autrefois ont fait pis !
> >>> Et même en votre temps, vous fûtes déconfit
> >>> Par leur acrimonie et par leur inconstance,
> >>> N¹ont-Ils pas, bien des fois, frôlé la décadence ?
> >>> Je me souviens d¹un jour où, par eux excédé,
> >>> Vous les aviez traités, je crois, de bovidés ?

Le général :
> >>> C¹est possible, en effet, dans un accès de doute
> >>> Où leur grande inertie entravait trop ma route !
> >>> Mais, Madame, aujourd¹hui, ils ont fait bien plus fort !
> >>> Les Français sont des veaux, gouvernés par des porcs !

Yvonne :
> >>> Mais vous n¹y pouvez rien ! Laissez à Dieu le père
> >>> Le soin de réprimer tous ces coléoptères !
> >>> C¹est ainsi et c¹est tout ! Le Français, français né,
> >>> Sera toujours paillard et indiscipliné,

> >>> Toujours libidineux, frondeur si nécessaire,
> >>> Arrogant, belliqueux et même téméraire,
> >>> Et cela en dépit de centaines de lois,
> >>> Car s¹il n¹est plus gaulliste il demeure gaulois !

Le général : (se levant, plus détendu)
> >>> Oui, vous avez raison, j¹ai tort, je m¹obnubile
> >>> Et ne fais rien de mieux que m¹échauffer la bile,
> >>> Laissons aux successeurs ce monde convulsif...
> >>> Et allons chez Malraux, prendre l¹apéritif !

> >>> Ils sortent




 
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Re: De Gaulle au paradis, quel beau texte !

Message  audenfort le Sam 2 Mai 2015 - 12:36

bravo
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Re: De Gaulle au paradis, quel beau texte !

Message  arthur le Sam 2 Mai 2015 - 12:49

bjr

beau texte plein de vérité
et d un langage châtié
d expressions pertinentes
sans que personne ne mente 
l action se passe au ciel
pour eux c est merveil

ils ont la paix pas les tracas
ce qui n est pas notre cas


a plus
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arthur

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Re: De Gaulle au paradis, quel beau texte !

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